Pour de nombreux actifs, ce “ticket modérateur” représente un frein à la montée en compétences.
Pourtant, il existe une solution légale, stratégique et avantageuse pour y échapper : le CPF co-construit. Découvrez comment transformer cette contrainte financière en une opportunité de dialogue avec votre employeur.
1. Qu’est-ce que le CPF co-construit ?
Le CPF co-construit (ou co-investissement) est un mécanisme par lequel un salarié et son employeur unissent leurs forces pour financer un projet de formation commun.
Le principe est simple :
- Le salarié mobilise les droits en euros disponibles sur son compte CPF.
- L’employeur vient compléter le financement via un abondement (une dotation financière directe sur le compte du salarié) ou en acceptant que la formation se déroule sur le temps de travail.
Le décret est très clair : Dès lors que votre entreprise participe financièrement à votre projet CPF (via un abondement), vous êtes automatiquement exonéré de la taxe obligatoire de 150 €.
2. Avec le nouveau plafond de 1 500 €, pourquoi la co-construction devient indispensable
Le durcissement des règles ne s’arrête pas à la taxe de 150 €. Afin de mieux encadrer les dépenses publiques, les pouvoirs publics testent et mettent en place des plafonds d’utilisation annuels sur le CPF pour certains types de parcours non-certifiants ou d’accompagnements, bloquant parfois la prise en charge maximale à 1 500 €.
Or, une formation qualifiante de niveau Master, un parcours de reconversion technique ou l’apprentissage intensif d’une langue étrangère dépassent très souvent ce montant, oscillant régulièrement entre 2 500 € et 5 000 €.
C’est précisément ici que la co-construction prend tout son sens :
- Sans l’entreprise : Le salarié se retrouve bloqué par le plafond et doit abandonner son projet, ou financer des milliers d’euros de sa poche.
- Avec la co-construction : Le salarié utilise ses 1 500 € disponibles, et l’employeur abonde (complète) le reste. L’entreprise finance ainsi une formation à forte valeur ajoutée à un coût ultra-réduit, et le salarié mène à bien son projet sans débourser un centime.
3. Salariés : Pourquoi vous avez tout à y gagner ?
Au-delà de l’économie immédiate des 150 €, la co-construction de votre parcours pédagogique présente des avantages majeurs :
- Accès à des formations d’élite : Si vos droits CPF sont insuffisants pour acquérir une compétence de pointe (comme un Executive Master ou une certification en IA), l’abondement de l’entreprise permet de couvrir le reliquat.
- Valorisation interne : En inscrivant votre démarche dans les objectifs de l’entreprise, votre nouvelle compétence est immédiatement reconnue et valorisée en interne, ouvrant la voie à une évolution professionnelle.
- Confort d’apprentissage : Si l’accord le prévoit, vous pouvez suivre vos cours durant vos heures de bureau, sans empiéter sur votre temps personnel.
4. Employeurs : Pourquoi vous devriez encourager ce dispositif ?
Pour les directions RH et les chefs d’entreprise, le CPF co-construit n’est pas une simple faveur accordée au salarié. C’est un levier de performance budgétaire et managérial puissant en 2026 :
- Une optimisation des budgets formation : Vous aidez vos collaborateurs à monter en compétences en ne payant qu’une fraction du coût réel de la formation (le reste étant pris en charge par leurs droits CPF cumulés).
- Un outil de fidélisation (RSE) : Soutenir les projets d’apprentissage de vos équipes renforce la marque employeur et l’engagement des talents.
- Une réponse aux obligations légales : Cela vous permet de remplir plus facilement vos obligations d’abondement correctif liées aux entretiens professionnels bilanciels.
5. Guide pratique : Comment proposer un CPF co-construit à son manager ?
Pour convaincre votre employeur de vous éviter la taxe de 150 €, vous devez lui présenter un projet structuré. Ne dites pas “Je veux économiser 150 €”, mais plutôt “Voici comment cette formation va faire gagner du temps et de l’argent à l’entreprise”.
Étape 1 : Cibler la bonne formation
Le projet doit avoir un lien direct avec vos missions actuelles ou une évolution logique au sein de la structure (ex: management, anglais professionnel, maîtrise d’un nouvel outil technique).
Étape 2 : Préparer l’argumentaire ROI
Listez les bénéfices pour l’équipe : gain de productivité, autonomie accrue sur un sujet complexe, ou possibilité d’internaliser une compétence auparavant sous-traitée.
Étape 3 : La démarche technique
Une fois l’accord de principe obtenu, l’entreprise se connecte sur son Espace des Employeurs et des Financeurs (EDEF) pour verser la dotation directement sur le dossier de formation du salarié. La plateforme de la Caisse des Dépôts recalcule immédiatement le reste à charge du salarié à 0 €.
La hausse du CPF à 150 € ne doit pas signer l’arrêt de vos ambitions professionnelles. Le CPF co-construit prouve que la formation en 2026 est plus que jamais une affaire de collaboration. En initiant une démarche de co-investissement, vous préservez votre pouvoir d’achat tout en accélérant votre trajectoire de carrière